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Rencontre avec Marianne Blanchard

RENCONTRE AVEC MARIANNE BLANCHARD


Graphiste / Illustratrice

Picturamas – Bonjour Marianne, pourrais-tu te présenter en quelques mots pour nos ami(e)s Picturiens?

Marianne – Marianne Blanchard, 33 ans, née en Saône et Loire, j’habite à Besançon (25) depuis 10 ans. Je suis venue ici pour mes études. J’ai deux Masters en Grandes Mutations Culturelles et Artistiques, section histoire de l’art contemporain.

À vrai dire, je suis assez nulle en art contemporain, mais plutôt caler dans ma spécialité qui portait sur les arts graphiques liés à la musique et en histoire de la musique rock. Aujourd’hui, je travaille, j’expérimente autour du dessin.

Picturamas – Il y a quelques années, j’ai le souvenir de t’avoir croisée lors de concerts. J’ai cru comprendre que tu faisais partie des organisateurs. Pourrais-tu nous en dire plus?

Marianne – À la base, je me suis épanouie professionnellement et personnellement dans la sérigraphie de concert. Avec l’association «Le Club de Gym» dans laquelle j’étais membre active, certains diraient «entraîneuse en chef», nous avons organisé beaucoup de concerts et le festival Papiers Raclés: rock, posters, art, durant 5 éditions. J’ai également coécrit, à la même période, le « Manuel de la sérigraphie » avec Romaric Jeannin qui a été publié en 2014 aux Éditions Eyrolles.

En parallèle, j’ai développé mon activité de dessinatrice, notamment pour créer des affiches de concerts. Petit à petit, je me suis dirigée davantage dans cette voie mais plus généralement dans le dessin « d’art » et de moins en moins dans l’illustration et le dessin «de communication» pour l’événementiel.

Picturamas – Tu as quitté le monde associatif pour te vouer à ton art. Qu’en est-il aujourd’hui de ta pratique, de ta direction adoptée?

Marianne – Depuis deux ans je travaille mon dessin de manière assez obsessionnelle, à plein temps d’ailleurs depuis quelques mois. J’ai choisi de ne pas travailler avec l’aide d’outils informatiques, ou très peu. Je dirais même que j’utilise l’ordinateur uniquement quand je n’ai pas le choix. Mes premiers outils de création sont le papier, les crayons, les ciseaux, les feutres. J’ai choisi de travailler des sujets qui viennent de l’environnement direct de l’Homme, c’est-à-dire la nature, tout simplement. Les insectes, la faune et la flore me passionnent, c’est une source presque inépuisable pour moi. Puiser dans ces sujets me permet d’affiner sans cesse mon trait et de découvrir comment rendre la matière et les volumes. L’ornementation, inspirée également de la nature, me sert à sublimer mes sujets, mais petit à petit devient elle-même un sujet d’importance.

Je m’inspire énormément de l’art du début du XXe siècle, l’Art nouveau, lui-même inspiré notamment par les estampes japonaises. Ses lignes et ses courbes parfaites me fascinent complètement. Lors de mes études, j’ai découvert ce mouvement, à l’époque il était lié à mes recherches sur les affiches et m’a tout de suite touché. Je repense à Will Bradley, par exemple, un affichiste américain qui fut un des premiers représentants du style Art nouveau aux États-Unis au début du XXe siècle. Aujourd’hui ce mouvement m’inspire plus que toute autre chose dans mon dessin.

Picturamas – Ton travail s’inspire énormément de mouvements artistiques antérieures. Que penses-tu du graphisme ou de l’art de tes contemporains?

Marianne – L’évolution du graphisme… Pas évident pour moi de donner mon point de vue sur ce sujet car j’ai largement tendance à me tourner vers le « vieux » graphisme. Le graphisme ne cesse de se nourrir de références passées ou actuelles qui elles-mêmes sont nées de remaniements esthétiques liés aux tendances de leurs temps. Il y a toujours des effets de mode et différentes « Écoles », mais au final j’ai l’impression que le graphisme prend et reprend, se charge et se décharge toujours de styles déjà existant pour créer de nouveaux genres. C’est d’ailleurs assez magique, la création grâce à la récupération puis le renouvellement, et ce schéma se répète à travers les époques. Il modifie doucement l’esthétisme qui apprivoise les regards.

Picturamas – Lorsque je suis venu te parler de Picturamas, qu’en as-tu pensé?

Marianne – J’ai trouvé ça super et je n’ai pas caché mon engouement! Pour moi qui travaille maintenant sur des exemplaires uniques et non dans la reproduction en sérigraphie ni en impression numérique, c’est une chouette occasion de pouvoir diffuser et proposer à la vente mes images, à des prix plus accessibles que les originaux. Les différents artistes « Picturiens » ont la chance de pouvoir être regrouper sur cette boutique.

Picturamas – Enfin, pour conclure, es-tu Pespi ou Coca?

Marianne – Ni l’un ni l’autre.

Picturamas – Merci Marianne pour le temps passé à nous partager ta passion. Pour en savoir plus, rendez-vous sur sa page Facebook en cliquant ici.

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